Portrait : Pierre Péfau

À la découverte de Pierre Péfau !

Voici un nouveau portrait, après Céline Pallier voici Pierre Péfau ! Actuellement, Pierre se consacre pleinement à la préparation de sa soutenance de thèse. La réalisation d’une thèse est venue comme une suite logique pour lui, après deux mémoires réalisés lors de son master.

Vous pouvez suivre, la soutenance de Pierre « Construire dans les agglomérations gauloises. L’architecture des bâtiments du Second âge du Fer en Gaule interne : approche technique et socio-économique » le mardi 2 mars 2021 à 9h en suivant ce lien ➡➡ https://lurl.fr/abqQ


Itinéraire de ses expériences scolaires et professionnelles

Après son baccalauréat scientifique, Pierre a intégré une école d’ingénieur sur Toulouse. À la fin du premier semestre, il comprend vite que ce cursus ne lui plait tout simplement pas. Il enchaîne les petits boulots et s’inscrit à la rentrée 2011 en licence Histoire de l’art et archéologie à l’université de Mirail. Pierre accroche tout de suite et réalise par la suite deux mémoires, un sur l’architecture en terre et bois du site de Roquelaure (Gers) et le second sur l’architecture en pan de bois à l’époque gauloise sur la vallée de la Garonne. En octobre 2016, il se lance dans sa thèse et intègre l’école doctorale TESC. Il donne toujours des cours à l’Université Jean Jaurès.

Son implication dans le monde associatif

Pierre est également présent dans le milieu associatif. Cette belle histoire avec les associations débute quand il était encore à l’université au sein de l’APAREA. Ensuite, il rejoint CERAGas où il rencontre notre actuelle responsable Pauline Ramis ! Il s’occupe du volet médiation et valorisation, il fait visiter des sites archéologiques, des musées… Actuellement, Pierre est adhérent dans trois associations, AFEAF, Réseau Terre et Grottes&Archéologies. Il a rejoint autant d’associations par passion, pour développer ses projets collectifs, mais aussi pour valoriser l’archéologie auprès du plus grand nombre et rendre les recherches récentes accessibles à tous types de publics.

Bonus : Conseils pour devenir archéologue ou faire de l’archéologie

Tout d’abord, si vous ne souhaitez pas devenir archéologue, mais que le sujet vous intéresse et que vous êtes curieux, vous pouvez effectuer la licence en archéologie qui s’avère passionnante. Si vous souhaitez devenir archéologue, il faut être motivé : l’archéologie doit être une passion, d’autant que les conditions de travail ne sont pas toujours faciles ! Pour ça, multipliez les expériences professionnelles, stages ou en adhérant dans des associations (Grottes&Archéologies sera ravie de vous accueillir 😉).


RÉSUMÉ DE LA THÈSE :

L’étude des bâtiments en terre et bois des agglomérations du Second âge du Fer (IIIe-Ier s. av. n. è.) de Gaule interne (hors littoral méditerranéen) a permis de construire une réflexion autour de deux thématiques de recherche à la fois peu investies et complémentaires. Si les travaux réalisés depuis la fin des années 1970 ont considérablement amélioré nos connaissances sur les constructions de l’habitat rural dispersé, notre perception de l’architecture des habitats groupés reste largement incomplète. Par ailleurs, ces agglomérations (oppida et agglomérations ouvertes) ont été examinées et définies au travers de nombreux sujets et objets d’étude (fortifications, productions artisanales, échanges et commerce, analyses territoriales, etc.), mais l’architecture des bâtiments n’a que rarement été mobilisée, alors qu’elle est une clé de lecture essentielle à l’analyse des interactions techniques, environnementales, sociales, économiques, politiques et culturelles animant les sociétés anciennes. Les nombreux débats concernant la caractérisation de ces habitats agglomérés et leur éventuel statut urbain m’ont ainsi amené à développer une approche croisée dans le cadre de ce doctorat. L’objectif a donc été de contribuer à une meilleure compréhension du phénomène d’urbanisation et des caractéristiques des agglomérations à travers une étude fine de l’architecture, permettant de préciser dans quelle mesure les formes architecturales sont révélatrices mais également vectrices de dynamiques socioéconomiques particulières.

Pierre Péfau sur le site archéologique de Roquelaure

L’étude technique de 339 bâtiments, provenant de 39 agglomérations aux statuts, activités, chronologies et contextes géoculturels variés, s’est appuyée sur une méthodologie rigoureuse et originale. Celle-ci combine l’analyse des divers types de vestiges architecturaux (sols, creusements et négatifs, empreintes de sablière basse, bois conservés, terre à bâtir, liaisons métalliques, etc.) et des dynamiques taphonomiques, avec une approche comparative à grande échelle, intégrant à la fois la documentation archéologique et ethnographique. Si une grande partie de ces constructions est constituée de poteaux plantés (module porteur avec ou sans parois rejetées, poteaux rapprochés dans des parois porteuses), une place privilégiée a été accordée aux architectures en pan de bois et à l’usage de pièces de contreventement obliques : longtemps considérées comme des innovations tardives, attribuées à l’Antiquité, il est désormais avéré que ces techniques font partie intégrante du spectre architectural de l’âge du Fer, avec un développement particulièrement visible à partir des IIIe-IIe s. av. n. è. Ces traditions architecturales ont ensuite été intégrées dans une recherche plus globale, considérant à la fois l’organisation spatiale des agglomérations, les usages des bâtiments et les statuts sociaux de leurs occupant·e·s, ainsi que les différences entre l’architecture rurale et celle des habitats groupés. Un modèle interprétatif, tenant compte du contexte environnemental et de toute la complexité des agglomérations de la fin de l’âge du Fer, a ainsi été proposé. Une partie au moins de ces habitats groupés serait caractérisée par la mise en œuvre d’économies et de gestions rationnelles du bois d’œuvre et de la construction, par le développement de réseaux d’artisans spécialisés (charpentiers ?) ainsi que par des adaptations des modèles architecturaux à l’urbanisme et au degré d’urbanisation.

Mots-clés : oppida ; agglomérations ouvertes ; constructions en terre et bois ; poteaux plantés ; pan de bois ; urbanisation

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